C’est sans surprise à Calais que les abus de pouvoir de la police sont nombreux et très remarquables…
En juillet des militant-e-s du No Border se relaient pour assurer une présence quasi permanente aux alentours des jungles des migrant-e-s.
En même temps se tient une exposition de photos sur le monde et ses splendeurs (un comble à Calais!), la maire se pavane entourée de ses fans umpistes et autres défenseurs de la classe bourgeoise… Des militant-e-s sortent une petite banderole au milieu des promeneurs, dans le parc où a lieu l’expo, scandent à peine un demi slogan que les « forces de l’ordre » les ont déjà encerclés…

Un autre militant interpelle la maire pour lui demander quand les migrant-e-s auront enfin accès à un dispositif correct pour leur hygiène (2 jours auparavant un No Border d’origine anglaise s’était fait interpeller puis placer en garde-à-vue pour la même question, ce dont avait fait écho la presse), il ne finit pas au commissariat mais des flics le font taire.
Ambiance.
Jusque là rien d’inhabituel (même si c’est triste, déjà).
C’est à ce moment que je remarque la photo de la maire, sur un panneau de présentation qui vante les qualités de l’exposition, du photographe, et
surtout de la belle et grande mairie qui accueille un projet… comment dire? … si… culturel! Sur la photo en question un brave éclairé a jugé drôle d’ajouter sur la tronche de madame les petites moustaches noires, et aussi un « truc dégueulasse » sur la bouche de notre intéressée.
Ni une, ni deux, je dégaine l’appareil pour une photo souvenir. Et là quelle ne fut pas ma surprise de voir un officier de la police nationale s’ériger, défenseur, entre ma petite personne et le panneau. « Non » qu’il me dit.
Je ne comprends pas immédiatement que c’est la photo qu’il m’interdit de prendre. Je lui fais partager que son avis ne m’intéresse absolument pas et que c’est pas sa tronche que je veux immortaliser mais celle de sa patronne. Il n’en démord pas. « Je trouve pas ça drôle » ajoute-t-il en me regardant, tout heureux de faire valoir son petit pouvoir.
Impossible, je n’arrive même pas à m’énerver. Un militant qui observe la scène et me voit désemparée intervient. Il dit juste que je suis parfaitement en droit de prendre la photo, et même si je veux je peux prendre l’agent en photo aussi, c’est tout à fait mon droit (en vertu de l’article 226-1 du CCP). Le flic commence à en avoir marre, il hausse le ton. C’est là que quelque chose de plus hallucinant encore se produit : le militant demande juste au policier son nom et son numéro de matricule. C’en est trop : le flic lui fait une clé de poignet, l’emmène 10 mètres plus loin, lui passe les menottes et l’envoie au commissariat pour un contrôle d’identité…

Ce n’est pas une histoire passionnante. Il n’y a pas de coups, pas d’insultes… Pourtant c’est l’accumulation d’anecdotes de ce genre qui permettent de constater ce qu’encore la majorité de la population se refuse de voir : la police est fasciste et autoritaire. Police fasciste = État fasciste. C’est sans appel.
Et encore, ayant la chance d’avoir des papiers, nous ne bénéficions pas du traitement de faveur que la police accorde aux migrants.
Minette pour le Comité du 23